Les participants de la réunion du G20 le 2 avril à Londres devront apporter des réponses concrètes articulant la reforme du secteur financier international avec des actions de relance économique, a déclaré François Fillon, Premier ministre de la République française. Traiter seulement les symptômes de la crise sans rénover le capitalisme financier, à l'origine de la crise actuelle, équivaut à un gaspillage des finances publiques et risque de créer une bulle de la dette publique. Lors d’une allocution à la Fondation Carnegie le lundi 23 mars, le Premier ministre a également déclaré que la réunion du G20 devra régler les problèmes du soutien à la croissance, du sauvetage des banques et de l’aide aux pays menacés par une défaillance de leur financement extérieur.

Il faut promouvoir un capitalisme responsable et moral qui s’appuie sur un nouvel équilibre entre les autorités publiques et le marché, a-t-il ajouté. C’est ainsi que les pays du G20 pourront restaurer la confiance dans le système et amorcer une reprise durable.

Plus de transparence

  • Les hedge funds doivent être enregistrés et soumis à des obligations de transparence.
  • Les agences de notation (Standard & Poor’s, par exemple) doivent adopter des règles plus strictes en matière de conflit d’intérêt, une notation spécifique pour les produits complexes, et l’habitude de publier régulièrement leurs performances.
  • Les pays et les entreprises qui n’appliquent pas les régulations financières acceptées par la communauté internationale doivent être recensés, et soumis à un éventail de sanctions.

Plans de relance

  • Le Premier ministre s’est dit rassuré par le plan de rachat des actifs toxiques annoncé lundi par l’administration américaine. Le plan va conduire l’ensemble des pays européens à adopter des disposions similaires, a-t-il dit.
  • C’est moins le montant des plans de relance nationaux qui importe que la rapidité de leur mise en œuvre.
  • Les pays du G20 doivent renouveler l’engagement pris en novembre 2008 de ne pas aggraver la crise par des mesures protectionnistes, et demander à l’OMC d’en assurer le suivi.

Réforme des institutions financières

  • La légitimité des institutions financières internationales doit être renforcée afin de leur permettre d’établir des vraies mécanismes de relance de la croissance et d’alerte précoce des futures crises financières.
  • Il est temps de passer à un processus ouvert et transparent de sélection des grands dirigeants du FMI et de la Banque mondiale. L’Europe est prête à renoncer aux règles implicites de partage des postes, a déclaré M. Fillon, et elle compte sur la même résolution de la part des Etats-Unis s’agissant de la Banque mondial.


« Face à une crise d’une ampleur sans précédent, nous devons démontrer que nous sommes capables d’apporter de vraies réponses, » concluait le Premier ministre, « à Londres, nous aurons le devoir d’aboutir à des réponses concretes. »