Le pays qui ne voulait pas s'engager militairement contre le groupe Etat Islamique, a fini par ouvrir ses bases aériennes aux avions et aux drones américains, engagés dans cette lutte. Le ministre des affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu a également annoncé, la semaine dernière, une prochaine opération d'"envergure" ce sont ses mots, contre Daech.

Les Kurdes et Daech deux cibles, ou deux outils d'un gouvernement conservateur, au pouvoir depuis 13 ans, et qui tente de s'y accrocher à l'aide d'un discours sécuritaire pour mener dit-il une "guerre contre le terrorisme". Un discours d'autant plus virulent depuis le scrutin législative du 7 juin dernier lors duquel l'AKP, parti du président Erdogan, se retrouve confronté à un parti de la démocratie pro kurde qui obtient 80 sièges au Parlement.

C'est donc sur fond de violences, entre attentats attribués au PKK et frappes de l'armée visant des bases kurdes, que le gouvernement tente de mettre en place des alliances politiques de circonstances pour rester en place forte. Mais encore hier le parti nationaliste a refusé de s'allier avec l'AKP en vue de prochaines élections. Alors entre l'impasse politique et le danger terroriste, Ankara qui ne s'engageait pas, même sous la pression de ses voisins et des Etats-Unis, finit par se lancer dans une offensive aux ennemis multiples, et aux objectifs incertains.

Aux côtés de Dorothée Schmid, chercheuse et responsable du programme « Turquie contemporaine » de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales), et Ahmet Insel, professeur à l'Université de Galatasaray et maître de conférence à Paris I, Marc Pierini commente l'engagement militare de la Turquie.

L’émission a initialement été diffusée sur le site de France Culture.