La stratégie de la coalition en Afghanistan est dans l’impasse et rien de ce qui a été entrepris depuis l’été 2009 n’a permis d’enrayer la dégradation de la situation sécuritaire et politique. Quelques succès tactiques sont possibles, encore que peu probables, mais la coalition ne peut pas vaincre les Taliban, ni les rallier. De plus, le gouvernement Karzai jouit d’une légitimité très limitée et ne paraît pas en mesure de reconstruire un État capable d’assurer sa propre sécurité dans un avenir prévisible, alors même que les pertes financières et humaines de la coalition obligent à une solution rapide.

Une solution moins coûteuse pour les États-Unis serait de prendre contact avec la direction du mouvement Taliban, si nécessaire par l’intermédiaire du Pakistan, pour définir les conditions d’un cessez-le-feu et de l’ouverture de négociations. Celles-ci permettraient de finaliser un accord de partage du pouvoir à Kaboul et de garantir que l’Afghanistan ne sera plus un sanctuaire pour des groupes radicaux. Cette approche négociée est loin d’avoir des résultats assurés, mais les gains sont potentiellement importants pour la coalition, alors que les pertes en cas d’échec sont aujourd’hui négligeables.